Étape 4
Le couloir aboutit à un carrefour qui se segmente en six nouvelles voies. Au centre de la salle se trouve une stèle sur laquelle sont gravés des symboles luminescents. Vous vous demandez s’il ne s’agit pas d’une énigme et vous plongez dans vos pensées, essayant de vous souvenir de ces inscriptions que vous avez peut-être déjà aperçues dans un rêve. Vous réfléchissez longtemps, marmonnez des paroles que vous-même ne comprenez pas et, alors que vous êtes sur le point de décrypter le message de la stèle, un ricanement vous fait sursauter. Vous vous retournez et vous trouvez nez à nez devant une femme aux yeux vairons et aux longs cheveux violets argentés : l’une des femmes du vaisseau pirate. Vous la regardez avec sérieux et inquiétude, vous décelez dans ses yeux une grande tendresse teintée d’un vous-ne-savez-quoi démoniaque. Elle reste muette, vous aussi. Vous ne savez pas quoi faire, vous êtes trop terrifié pour lui parler ou vous échapper. Soudain la femme se flanque une gifle, pousse un grand cri puis vous frappe d’un coup de pied sauté qui vous projette contre un mur. Vous retombez sur vos pieds, dégainez votre épée et lancez une attaque les yeux fermés. Vous percutez la stèle et vous vous déboîtez l’épaule. La sorcière-ninja vous donne un nouveau coup de pied mais, par un réflexe machinal, vous lui attrapez la cheville avant de faire basculer son corps en arrière. Elle tombe sur le dos et pousse un grand cri de douleur. Vous pensez lui avoir brisé la colonne ou un truc comme ça, vous vous en mordez les lèvres. Vous fuyez sans réfléchir dans la première direction qui se présente à vous. 
 
Vous arrivez en haut d’un escalier qui s’enfonce vers les profondeurs de la crypte. Votre torche toujours à la main, vous descendez les marches lentement. L’une d’elle s’affaisse légèrement — léger déclic — quand vous posez le pied dessus. Les murs se mettent à trembler, vous vous retournez et discernez à travers un nuage de poussière une énorme boule rocailleuse qui se précipite vers vous ! Vite, vous accélérez et — il ne manquait plus que ça — vous marchez sur vos lacets défaits. Vous perdez l’équilibre et dégringolez comme une balle rebondissante jusqu’en bas des marches. Vous ressentez la douleur de vos os brisés, le sang frais vous rentre dans les yeux, votre bouche est un boulier à loto empli de dents ; mais votre instinct de survie vous pousse à vous réfugier au dernier moment dans une alcôve. La boule vous frôle le bout du pied et détruit une partie du mur de briques qui se trouve sur son chemin avant d’exploser en mille morceaux. 
 
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